Pourquoi le marché surpaye les banques canadiennes
Les six plus grandes sociétés boursières américaines se négocient à 15,2 fois les bénéfices prévus pour l'exercice 2027, sur une base moyenne pondérée par la capitalisation boursière, bien au-dessus de leur moyenne sur 10 ans de 10,9 fois.2,3 Elles se négocient maintenant avec une légère décote par rapport à l'indice composite S&P/TSX de rendement total, un changement frappant par rapport à la décote de 28 % qu'elles affichaient historiquement.3 Ce n'est pas dû à une ou deux banques seulement : chacune des six grandes banques affiche un ratio bien supérieur à sa moyenne sur 10 ans, avec en tête la Banque Royale à 16,1x, la Banque Nationale à 15,0x et la TD à 15,6x, la Banque Scotia étant relativement en retard à 13,8x.2Ratio cours-bénéfice des ailiers des six grands clubs américains : actuel contre moyenne sur 10 ans
Source : Bloomberg, 27 août 2026. PER basé sur le BPA consensuel pour l'exercice 2027.
Des profits et des capitaux plus importants soutiennent la prime
Les résultats justifient la hausse du cours. Toutes les grandes banques ont dépassé les attentes au troisième trimestre de l'exercice 2026. Le bénéfice par action ajusté a augmenté de 21 % par rapport à l'année précédente, et le résultat d'exploitation courant a également enregistré une croissance à deux chiffres.⁴ Cette croissance provient de plusieurs segments : des gains à deux chiffres sur les marchés de capitaux et les commissions de gestion de patrimoine, soutenus par des revenus de prêts stables. Il s'agit d'une performance véritablement diversifiée , et non d'un seul poste qui a tiré le trimestre vers le haut. La plupart des banques ont également affiché un fort effet de levier opérationnel.
L'autre aspect de la question réside dans les capitaux propres. Le ratio de fonds propres de base (CET1) des six plus grandes banques américaines se situe entre 13 % et 14 %, largement au-dessus des 11 % exigés par les autorités réglementaires, et ces banques continuent de générer plus de capital chaque trimestre. 4,5 Cet excédent est redistribué aux actionnaires par le biais de rachats d'actions et de dividendes à la hausse. Surtout, les banques ne se lancent plus dans des acquisitions américaines coûteuses qui diluent leur rentabilité. Les opérations récentes, de moindre envergure et réalisées sur le marché intérieur, ont été mieux accueillies par les investisseurs.
Ottawa assouplit les règles
Le 19 juin 2026, le BSIF, l'organisme canadien de réglementation bancaire, a abaissé le coussin de stabilité intérieure, soit la réserve de capital supplémentaire que les banques doivent détenir, de 3,5 % à 3,0 %, soit sa première modification depuis 2023. Il a également abaissé le plafond de 4 % à 3 %, indiquant ainsi qu'il est disposé à laisser les banques investir davantage de capital.
Le montant libéré est considérable : environ 74 milliards de dollars de capitaux excédentaires, soit de quoi financer des prêts supplémentaires d’environ 673 milliards de dollars. Les banques disposent de trois options pour utiliser ces capitaux : (1) financer le plan fédéral de 280 milliards de dollars canadiens pour les infrastructures et le développement du pays, notamment dans les secteurs de la défense, du logement et de l’intelligence artificielle ; (2) redistribuer davantage de liquidités aux actionnaires par le biais de rachats d’actions et de dividendes ; ou (3) réaliser des fusions et acquisitions. Par le passé, l’acquisition de la Banque Canadienne de l’Ouest par la Banque Nationale et celle de HSBC Canada par RBC ont démontré que la consolidation du secteur bancaire peut être bien accueillie par les autorités réglementaires canadiennes.
Ce changement va bien au-delà d'une simple décision. Le gouvernement du premier ministre Mark Carney a fait de la déréglementation financière un axe prioritaire de son programme économique, et le surintendant du BSIF, Peter Routledge, a publiquement exhorté les banques à « soutenir les entrepreneurs qui travaillent fort » et à prendre davantage de risques. Le BSIF pourrait réexaminer le coussin de fonds propres en décembre 2026, tandis que la marge plus étroite limite la marge de manœuvre pour un resserrement ultérieur. Cela élimine un obstacle qui, pendant longtemps, a permis aux banques canadiennes d'être plus compétitives que leurs homologues américaines.
Une activité moins cyclique que les investisseurs ne le pensent.
L'argument le plus convaincant en faveur d'un prix durablement plus élevé est que ces banques sont bien moins exposées aux fluctuations économiques que celles que les investisseurs redoutaient dans les années 1990. Chaque récession des 25 dernières années a entraîné des pertes sur prêts inférieures à la précédente. L'offre de prêts bancaires s'est également davantage orientée vers les prêts garantis par un actif. Les crédits à la consommation non garantis, comme les cartes de crédit et les marges de crédit, ne représentent plus qu'environ 10 % des prêts nationaux.
TD Cowen estime que même si les pertes sur ces prêts non garantis passaient de 1,8 % aujourd'hui (un niveau déjà préoccupant), à 2,7 %, les pertes totales sur prêts du groupe n'augmenteraient que légèrement, passant d'environ 0,42 % à 0,55 % des prêts. Ce niveau est gérable et sans commune mesure avec les chocs de bénéfices qu'ont pu provoquer les précédents ralentissements économiques.⁶ Les prêts hypothécaires sont également bien protégés : les emprunteurs sont de grande qualité, le montant des prêts est prudent par rapport à la valeur des propriétés et la politique canadienne ne peut tout simplement pas tolérer un effondrement du marché immobilier, alors que ce secteur représente 15 % du PIB, soutient 1,2 million d'emplois et constitue un quart de la richesse nationale.⁶
Les marchés des capitaux et la gestion de patrimoine amplifient cet effet d'atténuation de la volatilité des bénéfices. Lorsque les marchés deviennent volatils, les revenus liés aux activités de négociation et de conseil ont tendance à augmenter, compensant ainsi naturellement la hausse des pertes sur prêts. Il y a vingt ans, ce coussin de sécurité était pratiquement inexistant.
Un nouvel acheteur : les investisseurs étrangers
Le prix dépend aussi des acheteurs, et leur composition a évolué. En mai 2026, les institutions étrangères détenaient 19,3 % des grandes banques canadiennes, un niveau record depuis près de 25 ans, contre 17,7 % un an plus tôt et seulement 4 % environ au début des années 2000. La Banque Royale affiche la plus forte participation étrangère (22,5 %), mais l'écart avec ses concurrents s'est réduit, les achats étrangers se répartissant désormais dans l'ensemble du groupe plutôt que de se concentrer sur une seule banque. Des flux de capitaux aussi réguliers peuvent maintenir les valorisations au-dessus des normes historiques pendant des années.
Institutions étrangères des grandes banques canadiennes
Propriété au fil du temps
Source : Scotiabank Global Banking and Markets, « Pourquoi les multiples C/B plus élevés des banques canadiennes sont là pour rester », 16 juin 2026.
Perspectives : Un plancher plus élevé, et pas seulement un multiple plus élevé
On ne s'attend pas à ce que la situation de l'an dernier se reproduise. Les six plus grandes compagnies d'assurance affichent une hausse de 53 % au cours des douze derniers mois (en date du 27 août 2026), dépassant ainsi les grandes banques américaines et les assureurs-vie canadiens.7 À partir de là, nous prévoyons que les rendements proviendront principalement de la croissance des bénéfices, des dividendes et des rachats d'actions, plutôt que d'une nouvelle hausse du multiple. L'important, c'est le plancher, pas le plafond. Un groupe affichant une rentabilité des capitaux propres supérieure à 15 %, une croissance des bénéfices plus rapide que celle de la quasi-totalité des banques, un excédent de capital, une prise de risque de crédit moindre et une participation étrangère record ne devrait pas se situer à 11 fois les bénéfices. Nous croyons que le marché a raison : un multiple autour de 15 est la nouvelle norme, et non un pic cyclique.L'approche de Brompton
Chez Brompton, nous avons une expérience de plusieurs décennies dans l'investissement dans le secteur financier. Les actions de catégorie A de Split Corp. offrent aux investisseurs un potentiel de rendement supérieur sur un portefeuille d'actions par rapport à la détention directe de ces actions. Brompton Split Banc Corp. (SBC) et Life & Banc Split Corp. (LBS) Investissez dans les six plus grandes banques du Canada, qui offrent un potentiel d'appréciation du capital accru et des distributions de trésorerie mensuelles. Les investisseurs peuvent aussi s'exposer par le biais de FNB nord-américain de dividendes de services financiers Brompton (BFIN) Il s'agit d'un portefeuille diversifié, géré activement, composé de sociétés de services financiers nord-américaines, incluant les grandes banques canadiennes, avec des distributions mensuelles et un potentiel d'appréciation du capital. Pour ces fonds, nous utilisons une stratégie de vente d'options d'achat gérée activement afin de percevoir des primes et de réduire la volatilité des rendements.1 Flux de données LSEG, daté du 27 août 2026. Reflète le rendement total moyen sur 1 an pour BMO, BNS, CM, NA, RY et TD par rapport à l'indice composé S&P/TSX.
2 Bloomberg, 27 août 2026. PER sur BPA consensuel F2027.
3 Scotiabank Global Equity Research, « Pourquoi les multiples C/E plus élevés des banques canadiennes sont là pour rester », 16 juin 2026.
4. Documents déposés par la société au deuxième trimestre de 2026.
5 Bureau du surintendant des institutions financières, « Le BSIF abaisse le coussin de stabilité intérieure à 3,0 % afin que les plus grandes banques du Canada puissent déployer davantage de capital », 19 juin 2026.
6 TD Cowen Global Research, « Examen des banques canadiennes du 2e trimestre 2026 – Les banques sont-elles vraiment aussi cycliques ? », 1er juin 2026.
7 Bloomberg, en date du 11 août 2026.
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